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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/348

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L’AMI FRITZ.

« Monsieur Kobus ! s’écria-t-il d’un accent de stupéfaction profonde, ce que le rebbe David vient de nous dire est-il possible : vous aimez Sûzel et vous nous la demandez en mariage ! Il faut que vous nous le disiez vous-même, sans cela nous ne pourrons jamais le croire.

— Père Christel, répondit alors Fritz avec une sorte d’éloquence, si vous ne m’accordez pas la main de Sûzel, ou si Sûzel ne m’aime pas, je ne puis plus vivre ; je n’ai jamais aimé que Sûzel et je ne veux jamais aimer qu’elle. Si Sûzel m’aime, et si vous me l’accordez, je serai le plus heureux des hommes, et je ferai tout aussi pour la rendre heureuse. »

Christel et Orchel se regardèrent comme confondus, et Sûzel se mit à sangloter ; si c’était de bonheur, on ne pouvait le savoir, mais elle pleurait comme une Madeleine.

« Père Christel, reprit Fritz, vous tenez ma vie entre vos mains…

— Mais, monsieur Kobus, s’écria le vieux fermier d’une voix forte et les bras étendus, c’est avec bonheur que nous vous accordons notre enfant en mariage. Quel honneur plus grand pourrait nous arriver en ce monde, que d’avoir pour gendre un homme tel que vous ? Seulement, je vous en