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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/34

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L’AMI FRITZ.

« Eh bien, Katel, voici le printemps. Nous allons faire une petite noce. Mais attends un peu : commençons par inviter les amis. »

Et se penchant à la fenêtre, il se mit à crier.

« Ludwig ! Ludwig ! »

Un bambin passait justement, c’était Ludwig, le fils du tisserand Koffel, sa tignasse blonde ébouriffée et les pieds nus dans l’eau de neige. Il s’arrêta le nez en l’air.

« Monte ! » lui cria Kobus.

L’enfant se dépêcha d’obéir et s’arrêta sur le seuil, les yeux en dessous, se grattant la nuque d’un air embarrassé.

« Avance donc… écoute ! Tiens, voilà d’abord deux groschen. »

Ludwig prit les deux groschen et les fourra dans la poche de son pantalon de toile, en se passant la manche sous le nez, comme pour dire :

« C’est bon ! »

« Tu vas courir chez Frédéric Schoultz, dans la rue du Plat-d’Étain, et chez M. le percepteur Hâan, à l’hôtel de la Cigogne… tu m’entends ? »

Ludwig inclina brusquement la tête.

« Tu leur diras que Fritz Kobus les invite à dîner pour midi juste.

— Oui, monsieur Kobus.