Ouvrir le menu principal

Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/338

Cette page a été validée par deux contributeurs.
328
L’AMI FRITZ.

— Mais, Kobus, au nom du ciel ! s’écria le vieux rebbe prêt à fondre en larmes, ne parle pas de ces choses… Tu ne m’as jamais fait que du plaisir… tu ne m’as jamais chagriné… au contraire… au contraire… Ça me réjouissait de te voir rire… Dis-moi seulement…

— Tu me promets de ne pas te moquer de moi ?

— Me moquer de toi ! ai-je donc si mauvais cœur, de me moquer des chagrins véritables de mon meilleur ami ? Ah ! Kobus ! »

Alors Fritz éclata :

« C’était ma seule joie, David ; je ne pensais plus qu’à elle… et voilà qu’on la donne à un autre !

— Qui donc… qui donc ?

— Sûzel, fit-il en sanglotant.

— La petite Sûzel… la fille de ton fermier ?… tu l’aimes ?

— Oui !

— Ah !… fit le vieux rebbe en se redressant, les yeux écarquillés d’admiration, c’est la petite Sûzel, il aime la petite Sûzel !… Tiens… tiens… tiens… j’aurais dû m’en douter !… Mais je ne vois pas de mal à cela, Kobus… cette petite est très-gentille… C’est ce qu’il