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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/337

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L’AMI FRITZ.

« Kobus ! Kobus ! » fit-il tout bas d’une voix douce, comme lorsqu’on parle à un petit enfant.

Fritz ouvrit les yeux.

« Tu es malade, Kobus, reprit le vieux rebbe, toujours de la même voix tremblante ; il est arrivé quelque chose ? »

Fritz, les yeux humides, regarda vers Katel, et David comprit aussitôt ce qu’il voulait dire :

« Tu veux me parler seul ? fit-il.

— Oui, » murmura Kobus.

Katel sortit, le tablier sur la figure, et David se penchant demanda :

« Tu as quelque chose… tu es malade ?… »

Fritz, sans répondre, lui entoura le cou de ses deux bras et ils s’embrassèrent :

« Je suis bien malheureux ! dit-il.

— Toi malheureux ?

— Oui, le plus malheureux des hommes.

— Ne dis pas cela, fit le vieux David, ne dis pas cela… tu me déchires le cœur ! Que t’est-il donc arrivé ?

— Tu ne te moqueras pas de moi, David… je t’ai bien manqué… j’ai souvent ri de toi… je n’ai pas eu les égards que je devais au plus vieil ami de mon père… Tu ne te moqueras pas de moi, n’est-ce pas ?