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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/336

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L’AMI FRITZ.

la chemise ouverte, tenant sa cravate à la main, et courant aussi vite que ses vieilles jambes pouvaient aller.

On savait déjà dans toute la ville que M. Kobus avait une attaque. Qu’on se figure l’émotion de David à cette nouvelle ; il ne s’était pas donné le temps de boutonner ses habits, et venait dans une désolation inexprimable.

« Puisque ce n’est rien, dit la mère Orchel, je peux m’en aller… Je reviendrai demain ou après, savoir la réponse de M. Kobus.

— Oui, vous pouvez partir, » lui répondit Katel en la reconduisant.

La fermière descendit, et se croisa au pied de l’escalier, avec le vieux rebbe qui montait. David, voyant Katel dans l’ombre de l’allée, se mit à bredouiller tout bas : « Qu’est-ce qu’il y a ? qu’est-ce qu’il y a ?… Il est malade… il est tombé, Kobus ! »

On entendait les battements de son cœur.

« Oui, entrez, dit la vieille servante ; il demande après vous. »

Alors il entra tout pâle, sur la pointe de ses gros souliers, allongeant le cou et regardant de loin, d’un air tellement effrayé, que cela faisait de la peine à voir.