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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/297

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L’AMI FRITZ.

Et Schoultz, observant les Prussiens du coin de l’œil, ajouta :

« Oui, du petit vin de France ; ce n’est pas la première fois que nous en buvons ; mais là-bas, en Champagne, on faisait sauter le cou des bouteilles avec le sabre. »

En disant ces choses, il retroussait le coin de ses petites moustaches grisonnantes, et se mettait la casquette sur l’oreille.

Le bouchon partit au plafond comme un coup de pistolet, les verres furent remplis de la rosée céleste.

« À la santé de l’ami Fritz ! » s’écria Schoultz en levant son verre.

Et la rosée céleste fila d’un trait dans son long cou de cigogne.

Hâan et Fritz avaient imité son geste ; trois fois de suite ils firent le même mouvement, en s’extasiant sur le bouquet du petit vin.

Les Prussiens se levèrent alors d’un air digne et sortirent.

Kobus, crochetant la seconde bouteille, dit :

« Schoultz, tu te vantes pourtant quelquefois d’une façon indigne ; je voudrais bien savoir si ton bataillon de landwehr a dépassé la petite forteresse de Phalsbourg en Lorraine, et si vous avez