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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/290

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L’AMI FRITZ.

un homme de taille moyenne, brun, la figure assez longue ; ses grands cheveux, partagés sur le front, lui pendaient sur les joues ; il rêvait au milieu de ce vacarme, rien ne pouvait le distraire. Cette nuit même, à onze heures les Français partirent ; on n’en vit plus un seul le lendemain dans le village, ni dans les environs. Cinq ou six jours après, le bruit se répandit que la bataille avait eu lieu, et que les Impériaux étaient en déroute. C’est peut-être là que Hoche a ruminé son coup. »

Le père Lœrich racontait cela simplement, et les autres écoutaient émerveillés. Il les conduisit ensuite dans la chambre voisine, leur demandant s’ils voulaient être servis chez eux ; mais ils préférèrent manger à la table d’hôte.

Ils redescendirent donc.

La grande salle était pleine de monde : trois ou quatre voyageurs, leurs valises sur des chaises, attendaient la patache pour se rendre à Landau ; des officiers prussiens se promenaient deux à deux, de long en large ; quelques marchands forains mangeaient dans une pièce voisine ; des bourgeois étaient assis à la grande table, déjà couverte de sa nappe, de ses carafes étincelantes et de ses assiettes bien alignées.