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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/285

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L’AMI FRITZ.

allant, venant, se retournant et regardant ; les chiens accourant, les oies et les poules se dispersant avec des cris qui n’en finissaient plus : voilà ce qu’ils virent, tandis que la berline descendait au triple galop la grande rue, et que Zimmer, le coude en équerre, sonnait une fanfare à réveiller les morts.

Hâan et Schoultz observaient ces choses et jouissaient de l’admiration universelle. Ils virent au détour d’une rue, sur la place des Deux-Boucs, l’antique fontaine, la Madame-Hütte en planches de sapin, les baraques des marchands, et la foule tourbillonnante : cela passa comme l’éclair. Plus loin, ils aperçurent la vieille église Saint-Ulrich et ses deux hautes tours carrées, surmontées de la calotte d’ardoises, avec leurs grandes baies en plein cintre du temps de Charlemagne. Les cloches sonnaient à pleine volée, c’était la fin de l’office ; la foule descendait les marches du péristyle, regardant ébahie : tout cela disparut aussi d’un bond.

Fritz, lui, n’avait qu’une idée : « Où est-elle ? »

À chaque maison il se penchait, comme si la petite Sûzel eût dû paraître à la même seconde. Sur chaque balcon, à chaque escalier, à chaque fenêtre, devant chaque porte, qu’elle fût ronde ou