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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/280

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L’AMI FRITZ.

veste brodée d’argent, sa culotte de daim et ses grosses bottes remontant au-dessus des genoux, qui regardait en l’air en claquant du fouet à tour de bras.

« En route ! » s’écria Kobus.

Il se coiffa de son feutre, tandis que les deux autres se regardaient ébahis ; ils ne pouvaient croire que la berline fût pour eux, et seulement lorsqu’elle s’arrêta devant la porte, Hâan partit d’un immense éclat de rire, et se mit à crier :

« À la bonne heure, à la bonne heure ! Kobus fait les choses en grand, ha ! ha ! ha ! la bonne farce ! »

Ils descendirent, suivis de la vieille servante qui souriait ; et Zimmer, les voyant approcher dans le vestibule, se tourna sur son cheval, disant :

« À la minute, monsieur Kobus, vous voyez, à la minute.

— Oui, c’est bon, Zimmer, répondit Fritz en ouvrant la berline. Allons, montez, vous autres. Est-ce que l’on ne peut pas rabattre le manteau ?

— Pardon, monsieur Kobus, vous n’avez qu’à tourner le bouton, cela descend tout seul. »

Ils montèrent donc, heureux comme des princes, Fritz s’assit et rabattit la capote. Il était à droite, Hâan à gauche, Schoultz au milieu.