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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/271

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L’AMI FRITZ.

Il mit l’habit.

« C’est magnifique !… Regardez-vous un peu.

— Et derrière, Katel ?

— Derrière, il est admirable, monsieur, il vous fait une taille de jeune homme. »

Fritz, qui se regardait dans la glace, rougit de plaisir.

« Est-ce bien vrai ?

— C’est tout à fait sûr, monsieur, je ne l’aurais jamais cru ; ce sont vos grosses capotes qui vous donnent dix ans de plus, c’est étonnant. »

Elle lui passait la main sur le dos :

« Pas un pli ! »

Kobus, pirouettant alors sur les talons, s’écria :

« Je prends cet habit. Maintenant un gilet, là, tu comprends, quelque chose de superbe, dans le genre de celui-ci, mais plus de rouge. »

Katel ne put s’empêcher de rire :

« Vous êtes donc comme les paysans du Kokesberg, qui se mettent du rouge depuis le menton jusqu’aux cuisses ! du rouge avec un habit bleu ciel, mais on en rirait jusqu’au fond de la Prusse, et cette fois les Prussiens auraient raison.

— Que faut-il donc mettre ? demanda Fritz, riant lui-même de sa première idée.

— Un gilet blanc, monsieur, une cravate