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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/264

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L’AMI FRITZ.

comme des cymbales, de cannes à pomme d’or et d’ivoire, de boîtes à poudre, avec leurs gros pinceaux de cygne ; cela remontait au grand-père Nicklausse, rien n’était changé ; ces braves gens auraient pu revenir et se rhabiller au goût du dernier siècle, sans s’apercevoir de leur long sommeil.

Dans l’autre compartiment se trouvaient les vêtements de Fritz. Tous les ans, il se faisait prendre mesure d’un habillement complet, par le tailleur Herculès Schneider, de Landau ; il ne mettait jamais ces habits, mais c’était une satisfaction pour lui de se dire : « Je serais à la mode comme le gros Hâan si je le voulais, heureusement j’aime mieux ma vieille capote ; chacun son goût. »

Fritz se mit donc à contempler tout cela dans un grand ravissement. L’idée lui vint que Sûzel pourrait avoir le goût du beau linge, comme la mère et la grand’mère Kobus ; qu’alors elle augmenterait les trésors du ménage, qu’elle aurait le trousseau de clefs, et qu’elle serait en extase matin et soir devant ces armoires.

Cette idée l’attendrit, et il souhaita que les choses fussent ainsi, car l’amour du bon vin et du beau linge fait les bons ménages.

Mais, pour le moment, il s’agissait de trouver