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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/255

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L’AMI FRITZ.

mœurs, il me semble qu’on ferait bien d’y aller.

— Où cela ? s’écria Hâan.

— Mais à Hartzwiller, à Rorbach, à Klingenthâl. Et tenez, sans aller si loin, je me rappelle que mon père me conduisait tous les ans à la fête de Bischem, et qu’on servait là des pâtés délicieux… délicieux ! »

Il se baisait le bout des doigts ; Hâan le regardait comme émerveillé.

« Et qu’on y mangeait des écrevisses grosses comme le poing, poursuivit-il, des écrevisses beaucoup meilleures que celles du Losser, et qu’on y buvait du petit vin blanc très… très-passable ; ce n’était pas du johannisberg ni du steinberg, sans doute, mais cela vous réjouissait le cœur tout de même !

— Eh ! s’écria Hâan, pourquoi ne nous as-tu pas dit cela depuis longtemps ; nous aurions été là ! Parbleu, tu as raison, tout à fait raison.

— Que voulez-vous, je n’y ai pas pensé !

— Et quand arrive cette fête ? demanda Schoultz.

— Attends, attends, c’est le jour de la Saint-Pierre.

— Mais, s’écria Hâan, c’est demain !

— Ma foi, je crois que oui, dit Fritz. Comme