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L’AMI FRITZ.

tant de commis voyageurs, pour offrir dans chaque village, les uns leur poivre et leur cannelle, les autres leurs étrilles et leurs brosses, les autres leurs étoffes de toutes sortes. Vous n’aviez pas à votre porte l’épicier, le quincaillier, le marchand de drap. On attendait, dans chaque famille, telle fête pour faire les provisions du ménage. Aussi les fêtes étaient plus riches et plus belles ; les marchands étant sûrs de vendre, arrivaient de fort loin. C’était le bon temps des foires de Francfort, de Leipzig, de Hambourg, en Allemagne ; de Liège et de Gand, dans les Flandres ; de Beaucaire, en France. Aujourd’hui, la foire est perpétuelle, et jusque dans nos plus petits villages, on trouve de tout pour son argent. Chaque chose a son bon et son mauvais côté ; nous pouvons regretter les courses en sac et le tir au mouton, sans blâmer les progrès naturels du commerce.

— Tout cela n’empêche pas que nous sommes des ânes de croupir au même endroit, répliqua Fritz, lorsque nous pourrions nous amuser, boire de bon vin, danser, rire et nous goberger de toutes les façons. S’il fallait aller à Beaucaire ou dans les Flandres, on pourrait trouver que c’est un peu loin ; mais quand on a tout près de soi des fêtes agréables, et tout à fait dans les vieilles