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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/249

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L’AMI FRITZ.

tie ; nous avons commandé une bonne friture, et ma foi, il faut que tu la payes !

— Hé ! dit Fritz en riant, je ne demande pas mieux ; je ne suis pas de force, mais c’est égal, j’essayerai de vous battre tout de même.

— Bon ! s’écria Schoultz, la partie était en train ; j’en ai quinze, on te les donne ! Cela te convient-il ?

— Soit, dit Kobus, en ôtant sa capote et ramassant une boule ; je suis curieux de savoir si je n’ai pas oublié depuis l’année dernière.

— Père Baumgarten ! criait le professeur Speck, père Baumgarten ! »

L’aubergiste parut.

« Apportez un verre pour M. Kobus, et une autre bouteille. Est-ce que la friture avance ?

— Oui, monsieur Speck.

— Vous la ferez plus forte, puisque nous sommes un de plus. »

Baumgarten, le dos courbé comme un furet, rentra chez lui en trottinant ; et dans le même instant Fritz lançait sa boule avec tant de force, qu’elle tombait comme une bombe de l’autre côté du jeu, dans le verger de la poste aux chevaux.

Je vous laisse à penser la joie des autres ; ils se balançaient sur leurs bancs, les jambes en l’air,