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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/243

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XIV



Kobus aurait dû se repentir, le lendemain, de ses discours inconsidérés à la brasserie du Grand-Cerf ; il aurait dû même en être désolé, car, peu de jours avant, s’étant aperçu que le vin lui déliait la langue, et qu’il trahissait les pensées secrètes de son âme, il s’était dit : « La vigne est un plant de Gomorrhe ; ses grappes sont pleines de fiel, et ses pépins sont amers : tu ne boiras plus le jus de la treille. »

Voilà ce qu’il s’était dit ; mais le cœur de l’homme est entre les mains de l’Éternel, il en fait ce qu’il lui plaît : il le tourne au nord, il le tourne au midi. C’est pourquoi Fritz, en s’éveillant, ne songea même point à ce qui s’était passé à la brasserie.