Ouvrir le menu principal

Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/228

Cette page a été validée par deux contributeurs.
218
L’AMI FRITZ.

à Christel pour la nourriture des bœufs qu’il a achetés, et, pour chaque jour de retard après la huitaine, l’a-t-il promis ? S’il ne l’a pas promis à Christel, qu’il pose la main sur le livre de la loi, et qu’il dise : « Je jure non ! je n’ai rien promis ! » Schmoûle, approche, étends la main, et jure ! »

Mais Schmoûle, levant alors les yeux, dit :

« Trente florins ne sont pas une somme pour prêter un serment pareil. Puisque Christel est sûr que j’ai promis, — moi, je ne me le rappelle pas bien, — je les payerai, et j’espère que nous resterons bons amis. Plus tard, il me fera regagner cela, car ses bœufs sont réellement trop chers. Enfin, ce qui est dû est dû, et jamais Schmoûle ne prêtera serment pour une somme encore dix fois plus forte, à moins d’être tout à fait sûr.

Alors David, regardant Kobus d’un œil extrêmement fin, répondit :

« Et tu feras bien, Schmoûle ; dans le doute, il vaut mieux s’abstenir. »

Le greffier avait inscrit le refus du serment ; il se leva, salua l’assemblée et sortit avec Schmoûle, qui, sur le seuil, se retourna et dit d’un ton brusque :

« Je viendrai prendre les bœufs demain à huit heures, et je payerai.