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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/224

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L’AMI FRITZ.

— Il ne s’agit donc plus que de savoir si Schmoûle consent à prêter serment.

— Je suis venu pour ça, dit Schmoûle tranquillement, et je suis prêt.

— Un instant, interrompit le vieux rebbe en levant la main, un instant ! Mon devoir, avant de recevoir un acte pareil, l’un des plus saints, des plus sacrés de notre religion, est d’en rappeler l’importance à Schmoûle. »

Alors, d’une voix grave, il se mit à lire :

« Tu ne prendras point le nom de l’Éternel, ton Dieu, en vain. Tu ne diras point de faux témoignage ! »

Puis, plus loin, il lut encore du même ton solennel :

« Quand il sera question de quelque chose où il y ait doute, touchant un bœuf, ou un âne, ou un menu bétail, ou un habit, ou toute autre chose, la cause des deux parties sera portée devant le juge, et le serment de l’Éternel interviendra entre les deux parties. »

Schmoûle, en cet instant, voulut parler ; mais, pour la seconde fois, David lui fit signe de se taire, et dit :

« Tu ne prendras point le nom de l’Éternel, ton Dieu, en vain ; tu ne porteras point de faux té-