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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/223

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L’AMI FRITZ.

Il prit dans un placard une grosse Bible, à couvercle de bois, les tranches rouges, et les pages usées par le pouce. Il l’ouvrit sur la table et s’assit dans son grand fauteuil de cuir. Il y avait alors quelque chose de grave dans toute sa personne, et de méditatif. Les autres attendaient. Pendant qu’il feuilletait le livre, Sourlé entra, et se tint debout derrière le fauteuil. Un ou deux passants, arrêtés sur l’escalier sombre de la rue des Juifs, regardaient d’un air curieux.

Le silence durait depuis quelques minutes, et chacun avait eu le temps de réfléchir, lorsque David, levant la tête et posant la main sur le livre, dit :

« M. le juge de paix Richter a déféré le serment à Isaac Schmoûle, marchand de bétail, sur cette question : « Est-il vrai qu’il a été convenu entre Isaac Schmoûle et Hans Christel, que Schmoûle viendrait prendre, dans la huitaine, une paire de bœufs achetés par lui le 22 mai dernier, et que, faute de venir, il payerait à Christel, pour chaque jour de retard, un florin comme dédommagement de la nourriture des bœufs. » Est-ce cela ?

— C’est cela, dirent Schmoûle et l’anabaptiste ensemble.