Ouvrir le menu principal

Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/222

Cette page a été validée par deux contributeurs.
212
L’AMI FRITZ.

— Bonjour, monsieur Kobus.

— Bonjour, Sourlé, bonjour. Vous n’entrez pas ?

— Tout à l’heure, fit-elle, je viendrai.

— Je n’ai pas besoin de te dire, David, reprit Fritz, que pour moi Christel a raison, et que j’en répondrais sur ma propre tête.

— Bon ! je sais tout cela, dit le vieux rebbe, et je sais aussi que Schmoûle est fin, très-fin, trop fin même. Mais ne causons pas de ces choses ; j’ai reçu la signification depuis trois jours, j’ai réfléchi sur cette affaire, et… tenez, les voici ! »

Schmoûle, avec son grand nez en bec de vautour, ses cheveux d’un roux ardent, la petite blouse serrée aux reins par une corde, et la casquette plate sur les yeux, traversait alors la cour d’un air insouciant. Derrière lui marchait le secrétaire Schwân, le chapeau en tuyau de poêle tout droit sur sa grosse figure bourgeonnée, et le registre sous le bras. Une minute après, ils entrèrent dans la salle. David leur dit gravement :

« Asseyez-vous, messieurs. »

Puis il alla lui-même rouvrir la porte, que Schwân avait fermée par mégarde, et dit :

« Les prestations de serment doivent être publiques. »