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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/213

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L’AMI FRITZ.

— Mais où sommes-nous donc ? lui demanda Fritz tout pâle.

— Près de la roche des Tourterelles, à vingt minutes au-dessus de ta ferme, répondit Hâan en se rasseyant et fouettant le cheval, qui repartit.

— C’était la voix de Sûzel, pensa Kobus, je le savais bien. »

Une fois hors du bois, Foux se mit à galoper : il sentait l’écurie. Hâan, tout joyeux de prendre sa chope le soir, parlait des talents de la vieille Allemagne, des vieux lieds, des anciens minnesingers. Kobus ne l’écoutait pas, sa pensée était ailleurs ; ils avaient déjà dépassé la Porte de Hildebrandt, les lumières, brillant dans toutes les maisons de la grande rue, avaient frappé ses yeux sans qu’il les vît, lorsque la voiture s’arrêta.

« Eh bien, vieux, tu peux descendre, te voilà devant ta porte, » lui dit Hâan.

Il regarda et descendit.

« Bonsoir, Kobus ! cria le percepteur.

— Bonne nuit, » dit-il en montant l’escalier tout pensif.

Ce soir-là, sa vieille Katel, heureuse de le revoir, voulut mettre toute la cuisine en feu, pour célébrer son retour, mais il n’avait pas faim.