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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/202

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L’AMI FRITZ.

nez tout à saint Maclof, et Dieu merci, chacun peut voir, en vous regardant, de quelle manière il vous récompense !

« Maintenant, je vous préviens d’une chose : ceux qui n’auront pas payé d’ici huit jours, on leur enverra le steuerbôt. La patience de Sa Majesté est longue, mais elle a des bornes.

« J’ai parlé ! — Allez-vous-en, et souvenez-vous de ce que Hâan vient de vous dire : le steuerbôt arrivera pour sûr. »

Alors, ils se retirèrent en masse sans répondre.

Fritz était stupéfait de l’éloquence de son camarade ; quand les derniers contribuables eurent disparu dans l’escalier, il lui dit :

« Écoute, Hâan, tu viens de parler comme un véritable orateur ; mais, entre nous, tu es trop dur avec ces malheureux.

— Trop dur ! s’écria le percepteur, en levant sa grosse tête ébouriffée.

— Oui, tu ne comprends rien au sentiment… à la vie du sentiment…

— À la vie du sentiment ? fit Hâan. Ah çà ! dis donc, tu veux te moquer de moi, Fritz… Ha ! ha ! ha ! je ne donne pas là dedans comme le vieux rebbe Sichel… ta mine grave ne me trompe pas… je te connais !…