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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/200

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L’AMI FRITZ.

nellement ? ne voyez-vous pas que c’est contraire au bon sens, à la justice, à tout ?

« Si vous aviez un peu de cœur, est-ce que vous ne prendriez pas en considération les services que vous rend notre gracieux souverain, le père de ses sujets, celui qui vous met le pain à la bouche ? Vous n’avez donc pas de honte de porter tous vos deniers à saint Maclof, tandis que moi, j’attends ici que vous payiez vos dettes envers l’État ?

« Écoutez ! si le roi n’était pas si bon, si rempli de patience, depuis longtemps il aurait fait vendre vos bicoques, et nous verrions si les saints du calendrier vous en rebâtiraient d’autres.

« Mais, puisque vous l’admirez tant, ce grand saint Maclof, pourquoi ne faites-vous donc pas comme lui, pourquoi n’abandonnez-vous pas vos femmes et vos enfants, pourquoi n’allez-vous pas, avec un sac sur le dos, à travers le monde, vivre de croûtes de pain et d’aumônes ? Ce serait naturel de suivre son exemple ! D’autres viendraient cultiver vos terres en friche, et se mettre en état de remplir leurs obligations envers le souverain.

« Regardez un peu seulement autour de vous, ceux de Schnéemath, de Hackmath, d’Ourmath, et d’ailleurs, qui rendent à César ce qui revient à