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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/198

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L’AMI FRITZ.

tendait que tout le monde fût en place, affectant de lire dans son registre. Enfin, il se retourna brusquement, et demanda si quelqu’un voulait encore payer.

Une vieille femme vint apporter deux kreutzers ; tous les autres restèrent immobiles.

Alors Hâan, se retournant de nouveau, s’écria :

« Je me suis laissé dire que vous avez acheté un beau manteau neuf au patron de votre village ; et comme les trois quarts d’entre vous n’ont pas de chemise à se mettre sur le dos, je pensais que le bienheureux saint Maclof, pour vous remercier de votre bonne idée, viendrait m’apporter lui-même l’argent de vos contributions. Tenez, mes sacs étaient déjà prêts, cela me réjouissait d’avance ; mais personne n’est venu : le roi peut attendre longtemps, s’il espère que les saints du calendrier lui rempliront ses caisses !

« Je voudrais pourtant savoir ce que le grand saint Maclof a fait dans votre intention, et les services qu’il vous a rendus, pour que vous lui donniez tout votre argent.

« Est-ce qu’il vous a fait un chemin, pour emmener votre bois, votre bétail, et vos légumes en ville ? Est-ce qu’il paye les gendarmes qui mettent