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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/196

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L’AMI FRITZ.

— Ah ! très-bien, fit Hâan, en regardant Kobus du coin de l’œil, il fallait dire cela tout de suite ; du moment que vous avez acheté un manteau neuf pour saint Maclof… Tâchez seulement qu’il n’ait pas besoin d’autre chose l’année prochaine. Je dis donc : — Reçu huit florins. »

Hâan écrivit la quittance et la remit à Laër, en disant :

« Reste cinq florins à payer dans les trois mois, ou je serai forcé de recourir aux grands moyens. »

Le paysan sortit, et Hâan dit à Fritz :

« Voilà le meilleur du village, il est adjoint ; tu peux juger des autres. »

Puis il cria de sa place :

« Joseph Besme ! »

Un contribuable parut, un vieux bûcheron qui paya quatre florins sur douze ; puis un autre, qui paya six florins sur dix-sept ; puis un autre, deux florins sur treize, ainsi de suite : ils avaient tous donné pour le beau manteau de saint Maclof, et chacun d’eux avait un frère, une sœur, un enfant dans le purgatoire, qui demandait des messes ; les femmes gémissaient, levaient les mains au ciel, invoquant la Sainte Vierge ; les hommes restaient calmes.

Finalement, cinq ou six se suivirent sans rien