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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/194

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L’AMI FRITZ.

mus et de la Sainte Vierge magnifiquement enluminés, composaient l’ameublement de cette salle.

« Enfin, dit le gros percepteur en s’asseyant avec un soupir, nous y voilà ! Tu vas voir quelque chose de curieux, Fritz. »

Il ouvrait ses registres et dévissait son encrier. Kobus, debout devant une fenêtre, regardait par-dessus les toits des maisons en face, l’immense vallée bleuâtre : les prairies au fond, dans la gorge ; avant les prairies, les vergers remplis d’arbres fruitiers, les petits jardins entourés de palissades vermoulues ou de haies vives ; et, tout autour, les sombres forêts de sapins ; cela lui rappelait sa ferme de Meisenthâl !

Bientôt un grand tumulte se fit entendre au-dessous, dans la salle : tout le village, hommes et femmes, envahissait l’auberge. Au même instant, Schnéegans entrait, portant une bouteille de vin blanc et deux verres, qu’il déposa sur la table :

« Est-ce qu’il faut tous les faire monter à la fois ? demanda-t-il.

— Non, l’un après l’autre, chacun à l’appel, répondit Hâan en emplissant les verres. Allons, bois un coup, Fritz ! Nous n’aurons pas be-