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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/193

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L’AMI FRITZ.

que, la corne au milieu du dos, le nez rouge, les joues creuses, la caisse sur la cuisse, qui tambourinait, et finit par crier d’une voix glapissante, tandis qu’une foule de gens écoutaient aux lucarnes d’alentour :

« Faisons savoir que M. l’einnehmer[1] Hâan est à l’auberge du Cheval-Noir, pour attendre les contribuables qui n’ont pas encore payé, et qu’il attendra jusqu’à deux heures ; après quoi, ceux qui ne seront pas venus, devront aller à Hunebourg dans la quinzaine, s’ils n’aiment mieux recevoir le steuerbôt[2]. »

Sur ce, le beutel remonta la rue, en continuant ses roulements, et Hâan ayant pris ses registres, entra dans la salle de l’auberge ; Kobus le suivait. Ils gravirent un escalier de bois, et trouvèrent en haut une chambre semblable à celle du bas, seulement plus claire, et garnie de deux lits en alcôve si hauts, qu’il fallait une chaise pour y monter. À droite, se trouvait une table carrée. Deux ou trois chaises de bois dans l’angle des fenêtres, un vieux baromètre accroché derrière la porte, et, tout autour des murs blanchis à la chaux, les portraits de saint Maclof, de saint Iéroni-

  1. Le percepteur.
  2. Le porteur de contraintes.