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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/191

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L’AMI FRITZ.

sur les cuisses ; il était brun de peau, jaune de cheveux, et regardait d’un air curieux et doux.

Fritz observait ce spectacle étrange.

La rue fangeuse descendant en écharpe dans le village, les granges pleines de paille, les hangars, les lucarnes ternes, les petites portes ouvertes, les toits effondrés : tout cela confus, entassé dans un étroit espace, se découpait pêle-mêle sur le fond verdoyant des forêts de sapins.

La voiture suivit le chemin à travers les fumiers, et un petit chien-loup noir, la queue en panache, vint aboyer contre Foux. Les gens alors se montrèrent aussi sur le seuil de leurs chaumières, vieux et jeunes, en blouses sales et pantalons de toile, la poitrine nue, la chemise débraillée.

À cinquante pas dans le village, apparut l’église à gauche, bien propre, bien blanche, les vitraux neufs, riante et pimpante au milieu de cette misère ; le cimetière, avec ses petites croix, en faisait le tour.

« Nous y sommes, » dit Hâan.

La voiture venait de s’arrêter dans un creux, au coin d’une maison peinte en jaune, la plus belle du village, après celle de M. le curé. Elle avait un étage, et cinq fenêtres sur la façade, trois