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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/187

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L’AMI FRITZ.

tant mon âme se complaît en elle ! Moi et mon cœur, nous nous sommes tournés de tous côtés, pour examiner et rechercher la sagesse, et nous n’avons trouvé que le mal de la folie, de l’imbécillité et de l’imprudence : Nous avons trouvé cette jeune fille, dont le sourire est comme un filet et le regard un lien ; n’est-ce point de la folie ? Pourquoi donc ne s’est-elle pas dérangé le pied, le jour de son voyage à Hunebourg ? Pourquoi l’ai-je vue dans la joie du festin, et, plus tard, dans les plaisirs de la musique ? Pourquoi ces choses sont-elles arrivées de la sorte et non autrement ? Et maintenant, Fritz, pourquoi ne peux-tu te détacher de ces vanités ? »

Il suait à grosses gouttes, et rêvait dans une désolation inexprimable. Mais ce qui l’ennuyait encore le plus, c’était de voir Hâan tirer la bouteille de la paille, et de l’entendre dire :

« Allons, Kobus, bois un bon coup ! Quelle chaleur au fond de ces vallées !

— Merci, faisait-il, je n’ai pas soif. »

Car il avait peur de recommencer l’histoire des amours de tous ses ancêtres, et surtout de finir par raconter les siennes.

« Comment ! tu n’as pas soif, s’écriait Hâan, c’est impossible ; voyons !