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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/185

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XII



L’ami Kobus, roulant un matin par un chemin très-difficile, dans la vallée du Rhéethal, tandis que Hâan conduisait avec prudence, et veillait à ne pas verser dans les trous, l’ami Kobus se fit des réflexions amères sur la vanité des vanités de la sagesse ; il était fort triste, et se disait en lui-même :

« À quoi te sert-il maintenant, Fritz, d’avoir eu soin de te tenir la tête froide, le ventre libre et les pieds chauds durant vingt ans ? Malgré ta grande prudence, un être faible a troublé ton repos d’un seul de ses regards. À quoi te sert-il de te sauver loin de ta demeure, puisque cette folle pensée te suit partout, et que tu ne peux l’éviter nulle part ?