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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/182

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L’AMI FRITZ.
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car les gros bonnets sont ceux que Sa Majesté consulterait d’abord sur l’affaire. »

Alors il se prenait le ventre à deux mains pour rire à son aise, et s’écriait :

« Quelle farce ! quelle farce ! Mais tout cela ne nous regarde pas, je suis en règle. Que prends-tu ?

— Rien, Hâan, je n’ai envie de rien.

— Bah ! cassons une croûte pendant qu’on attellera le cheval ; un verre de vin vous fait toujours voir les choses en beau. Quand on a des idées mélancoliques, Fritz, il faut changer les verres de ses lunettes, et regarder l’univers par le fond d’une bouteille de gleiszeller ou d’umstein. »

Il sortait pour faire atteler le cheval et solder le compte de l’auberge ; puis il venait prendre un verre avec Kobus ; et tout étant terminé, les sacs rangés dans la caisse du char à bancs garnie de tôle, il claquait du fouet, et se mettait en route pour un autre village.

Voilà comment l’ami Fritz passait son temps en route ; ce n’était pas toujours gaiement, comme on voit. Son remède ne produisait pas tous les heureux effets qu’il en avait attendus, bien s’en faut.