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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/180

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L’AMI FRITZ.

les petits sentiers, c’est qu’il lui semblait entendre le vieux David nasiller à son oreille : « Hé ! Kobus, il faut y passer… tu feras comme les autres… Hé ! hé ! hé ! Je te le dis, Fritz, ton heure est proche ! » — « Que le diable t’emporte ! » pensait-il.

Mais d’autres fois, avec une résignation douloureuse et mélancolique :

« Peut-être, Fritz, se disait-il en lui-même, peut-être qu’à tout prendre les hommes sont faits pour se marier… puisque tout le monde se marie. Des gens mal intentionnés, poussant les choses encore plus loin, pourraient même soutenir que les vieux garçons ne sont pas les sages, mais au contraire les fous de la création, et qu’en y regardant de près, ils se comportent comme les frelons de la ruche. »

Ces idées n’étaient que des éclairs qui l’ennuyaient beaucoup ; il en détournait la vue, et s’indignait contre les gens capables d’avoir d’autres théories que celles de la paix, du calme et du repos, dont il avait fait la base de son existence. Chaque fois qu’une idée pareille lui traversait la tête, il se hâtait de répondre :

« Quand notre bonheur ne dépend plus de nous, mais du caprice d’une femme, alors tout est