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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/172

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L’AMI FRITZ.

pays, sortirent au grand trot par la porte de Hildebrandt, et se mirent à rouler sur la route de Hunebourg à Michelsberg.

Hâan avait sa grande houppelande de castorine et son bonnet de renard à longs poils, la queue flottant sur le dos, Kobus, sa belle capote bleue, son gilet de velours à carreaux verts et rouges, et son large feutre noir.

Quelques vieilles le balai à la main, les regardaient passer en disant : « Ils vont ramasser l’argent des villages ; ça prouve qu’il est temps d’apprêter notre magot ; la note des portes et fenêtres va venir. Quel gueux que ce Hâan ! Penser que tout le monde doit s’échiner pour lui, qu’il n’en a jamais assez, et que la gendarmerie le soutient ! »

Puis elles se remettaient à balayer de mauvaise humeur.

Une fois hors de l’avancée, Hâan et Kobus se trouvèrent dans les brouillards de la rivière.

« Il fait joliment frais ce matin, dit Kobus.

— Ha ! ha ! ha ! répondit Hâan en claquant du fouet, je t’en avais bien prévenu hier. Il fallait mettre ta camisole de laine ; maintenant, allonge-toi dans la paille, mon vieux, allonge-toi. — Hue ! Foux, hue !