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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/171

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L’AMI FRITZ.

— Je graisse vos gros souliers pour aller à la ferme, puisque vous partez demain ou après.

— C’est inutile, dit Fritz, je n’irai pas ; j’ai d’autres affaires.

— Vous n’irez pas ? fit Katel toute surprise ; c’est le père Christel, Sûzel et tout le monde, qui vont avoir de la peine, monsieur !

— Bah ! ils se sont passés de moi jusqu’à présent, et j’espère, avec l’aide de Dieu, qu’ils s’en passeront encore. J’accompagne Hâan dans sa tournée, pour régler quelques comptes. Et, puisque je me le rappelle maintenant, il y a une lettre sur la cheminée pour Christel ; tu enverras demain le petit Yéri la porter, et ce soir, tu mettras dans ma valise trois chemises et tout ce qu’il faut pour rester quelques jours dehors.

— C’est bon, monsieur. »

Kobus entra dans la salle à manger, tout fier de sa résolution, et ayant soupé d’assez bon appétit, il se coucha, pour être prêt à partir de grand matin.

Il était à peine cinq heures, et le soleil commençait à poindre au milieu des grandes vapeurs du Losser, lorsque Fritz Kobus et son ami Hâan, accroupis dans un vieux char à bancs tressé d’osier, en forme de corbeille, à l’ancienne mode du