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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/169

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L’AMI FRITZ.

— Un temps magnifique s’écria Hâan, en écartant les rideaux derrière son fauteuil, un temps d’or, un temps comme on n’en a pas vu depuis dix ans. Nous partirons demain au petit jour, nous courrons le pays… c’est décidé… mais ne va pas te dédire !

— Sois tranquille.

— Ah ! ma foi, s’écria le gros homme, tu ne pouvais pas me faire un plus grand plaisir. — Gaysse ! Gaysse !

— Monsieur ?

— Ma capote ! Tenez… pendez ma robe de chambre derrière la porte. Vous fermerez le bureau, et vous donnerez la clef à la mère Lehr. Nous allons au Grand-Cerf, Kobus ?

— Oui, prendre des chopes ; il n’y a pas de bonne bière en route.

— Pourquoi pas ? À Hackmat, elle est bonne.

— Alors tu n’as plus rien à préparer, Hâan ?

— Non, tout est prêt. Ah ! dis donc, si tu voulais mettre deux ou trois chemises et des bas dans ma valise.

— J’aurai la mienne.

— Eh bien, en route, » s’écria Hâan, en prenant son bras.

Ils sortirent, et le gros percepteur se mit à énu-