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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/168

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L’AMI FRITZ.

il préparait des sacs et serrait dans un fourreau de cuir, de grands registres reliés en veau. Son garçon Gaysse l’aidait :

« Hé, Kobus ! s’écria-t-il, d’où me vient ta visite ? Je ne te vois pas souvent ici.

— Tu m’as dit, avant-hier, que tu partais en tournée, répondit Fritz en s’asseyant au coin de la table.

— Oui, demain matin, à cinq heures ; la voiture est commandée. Tiens, regarde ! je viens justement de préparer mon livre à souches et mes sacs. J’en aurai pour sept ou huit jours.

— Eh bien, je t’accompagne.

— Tu m’accompagnes ? s’écria Hâan d’une voix joyeuse, en frappant de ses grosses mains carrées sur la table. Enfin, enfin, tu finis par te décider une fois, ça n’est pas malheureux. Ha ! ha ! ha ! »

Et plein d’enthousiasme, il jeta son petit bonnet de soie noire de côté, s’ébouriffa les cheveux sur sa grosse tête rouge à demi chauve, et se mit à crier :

« À la bonne heure !… à la bonne heure !… Nous allons nous faire du bon sang !

— Oui, le temps m’a paru favorable, dit Fritz.