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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/163

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L’AMI FRITZ.

le miroir, s’aperçut qu’il devenait pourpre ; et ne sachant que faire dans une circonstance aussi surprenante, il passa ses doigts du haut en bas et du bas en haut du clavecin, en soufflant dans ses joues et criant : « Prrouh ! prrouh ! » les cheveux droits sur la tête.

Au même instant, Katel refermait la porte de la cuisine ; il l’entendit, et, se levant, il se mit à crier : « Katel ! Katel ! » d’une voix d’homme qui se noie.

Katel entra :

« Ah ! c’est bon, fit-il. Tiens… voilà Sûzel qui t’attend depuis une heure. »

Et comme Sûzel alors levait sur lui ses grands yeux troublés, il ajouta :

« Oui, nous avons fait de la musique… ce sont de vieux airs… ça ne vaut pas le diable !… Enfin, enfin, j’ai fait comme j’ai pu… On ne saurait tirer une bonne mouture d’un mauvais sac. »

Sûzel avait repris son panier et s’en allait avec Katel, disant : « Bonjour, monsieur Kobus ! » d’une voix si douce, qu’il ne sut que répondre, et resta plus d’une minute au milieu de la salle, regardant vers la porte, tout effaré ; puis il se prit à dire :

« Voilà de belles affaires, Kobus ! tu viens de te