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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/159

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L’AMI FRITZ.

longtemps j’attends Mlle Katel dans la cuisine, et, comme elle ne vient pas, j’ai pensé qu’il fallait tout de même faire ma commission, avant de partir.

— Quelle commission donc, Sûzel ?

— Mon père m’envoie vous prévenir que les grilles sont arrivées, et qu’on n’attend que vous pour les mettre.

— Comment ! il t’envoie exprès pour cela ?

— Oh ! j’ai encore à dire au juif Schmoule, qu’il doit venir chercher les bœufs, s’il ne veut pas payer la nourriture.

— Ah ! les bœufs sont vendus ?

— Oui, monsieur Kobus, trois cent cinquante florins.

— C’est un bon prix. Mais entre donc, Sûzel, tu n’as pas besoin de te gêner.

— Oh ! je ne me gêne pas.

— Si, si… tu te gênes, je le vois bien, sans cela tu serais entrée tout de suite. Tiens, assieds-toi là. »

Il lui avançait une chaise, et rouvrait le clavecin d’un air de satisfaction extraordinaire :

« Et tout le monde se porte bien là-bas, le père Christel, la mère Orchel ?

— Tout le monde, monsieur Kobus, Dieu