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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/157

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L’AMI FRITZ.

« Hue ! hue ! » pendant que le bonhomme levait le doigt et faisait : « Chut ! » Tout cela lui passa devant les yeux, et bien d’autres choses encore.

Il s’assit, essaya quelques vieux airs et joua le Troubadour et l’antique romance du Croisé.

« Je n’aurais jamais cru me rappeler une seule note, se dit-il ; c’est étonnant comme ce vieux clavecin a gardé l’accord ; il me semble l’avoir entendu hier. »

Et se baissant, il se mit à tirer les vieux cahiers de leur caisse : le Siége de Prague, la Cenerentola, l’ouverture de la Vestale et puis les vieilles romances d’amour, de petits airs gais, mais toujours de l’amour : l’amour qui rit et l’amour qui pleure ; rien en deçà, rien au delà !

Kobus, deux ou trois mois avant, n’aurait pas manqué de se faire du bon sang, avec tous ces Lucas aux jarretières roses, et ces Arthurs au plumet noir ; il avait lu jadis Werther, et s’était tenu les côtes tout le long de l’histoire ; mais, en ce moment, il trouva cela fort beau.

« Hâan a bien raison, se disait-il, on ne fait plus d’aussi jolis couplets :


« Rosette,
« Si bien faite,
« Donne-moi ton cœur, ou je vas mourir ! »