Ouvrir le menu principal

Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/138

Cette page a été validée par deux contributeurs.
128
L’AMI FRITZ.

vous ? C’est la dernière fois que je travaille avec un braque de votre espèce. »

Ce disant, Schweyer détacha son tablier, prit sa tarière, et gravit l’escalier.

La véritable raison de sa colère, ce n’étaient ni le Miserere, ni les gouttes de cire, c’était l’oubli du steinberg.

Kobus, qui ne manquait pas de finesse, comprit très-bien le vrai motif de sa colère, mais il ne regretta pas moins sa maladresse, et son oubli des vieux usages ; car tous les tonneliers du monde ont le droit de boire un bon coup du vin qu’ils mettent en bouteilles, et si le maître est là son devoir est de l’offrir.

« Où diable ai-je la tête depuis quelque temps ? se dit-il. Je suis toujours à rêvasser, à bâiller, à m’ennuyer ; rien ne me manque, et j’ai des absences ; c’est étonnant… il faudra que je me surveille. »

Cependant, comme il n’y avait pas moyen de faire revenir Schweyer, il finit de mettre son vin en bouteilles lui-même, et les choses en restèrent là.