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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/129

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L’AMI FRITZ.

autres ; et, jusqu’à sept heures, il ne fut plus question que du retour des cigognes, et de la protection qu’elles étendent sur les villes où elles nichent ; sans parler d’une foule d’autres services particuliers à Hunebourg, comme d’exterminer les crapauds, les couleuvres et les lézards, dont les vieux fossés seraient infestés sans elles, et non-seulement les fossés, mais encore les deux rives de la Lauter, où l’on ne verrait que des reptiles, si ces oiseaux n’étaient pas envoyés du ciel pour détruire la vermine des champs.

David Sichel étant aussi entré, Fritz, pour se moquer de lui, se mit à soutenir que les juifs avaient l’habitude de tuer les cigognes et de les manger à la Pâque avec l’agneau pascal, et que cette habitude avait causé jadis la grande plaie d’Égypte, où l’on voyait des grenouilles en si grand nombre, qu’elles entraient par les fenêtres, et qu’il vous en tombait même par les cheminées ; de sorte que les Pharaons ne trouvèrent d’autre moyen pour se débarrasser de ce fléau, que de chasser les fils d’Abraham du pays.

Cette explication exaspéra tellement le vieux rebbe, qu’il déclara que Kobus méritait d’être pendu.

Alors Fritz fut vengé de l’apologue de l’âne et