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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/128

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L’AMI FRITZ.

Et la figure émue du vieux rabbin surtout le mettait de bonne humeur.

« Eh bien, rebbe, eh bien, lui dit-il, ça te paraît donc bien beau ? »

Alors, l’autre, abaissant les yeux et le voyant rire, s’écria :

« Tu n’as donc pas d’entrailles ? Tu ne vois donc partout que des sujets de moquerie ? Tu ne sens donc rien ?

— Ne crie pas si haut, schaude, tout le monde nous regarde.

— Et s’il me plaît de crier haut ! S’il me plaît de te dire tes vérités ! s’il me plaît… »

Heureusement les cigognes, après un instant de repos, venaient de se remettre en route pour faire le tour de la ville, et prendre possession des nuages de Hunebourg ; et toute la place, transportée d’enthousiasme, poussait un cri d’admiration.

Les deux oiseaux, comme pour répondre à ce salut, tout en planant, faisaient claquer leur bec, et une troupe d’enfants les suivaient dans la rue des Capucins, criant : « Tra, ri, ro, l’été vient encore une fois ! You, you, l’été vient encore une fois. »

Kobus alors rentra dans la brasserie avec les