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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/114

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L’AMI FRITZ.

Et le grand Schoultz, le percepteur Hâan, le vieux rebbe David, la brasserie du Grand-Cerf, la vieille cour de la synagogue, la halle, la place du marché, toute la ville lui repassait devant les yeux, comme des figures de lanterne magique.

Enfin, au bout de vingt minutes, frais, dispos, joyeux, il ressortit, son large feutre sur l’oreille, la face épanouie, et dit à Katel en passant :

« Je sors, je vais faire un tour en ville.

— Oui, monsieur… mais vous reviendrez !

— Sois tranquille, sois tranquille ; au coup de midi je serai à table. »

Et il descendit dans la rue en se demandant :

« Où vais-je aller ? à la brasserie ? il n’y a personne avant midi. Allons voir le vieux David, oui, allons chez le vieux rebbe. C’est drôle, rien que de penser à lui, mon ventre en galope. Il faut que je le mette en colère ; il faut que je lui dise quelque chose pour le fâcher, cela me secouera la rate, et j’en dînerai mieux. »

Dans cette agréable perspective, il descendit la rue des Capucins jusqu’à la cour de la synagogue, où l’on entrait par une antique porte cochère. Tout le monde traversait alors cette cour, pour descendre par le petit escalier en face, dans