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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/113

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L’AMI FRITZ.

joignant les mains, quelles inquiétudes vous m’avez données !

— Comment, Katel, est-ce que je ne t’avais pas prévenue, en venant chercher les ouvriers, que je serais absent quelques jours ?

— Oui, monsieur, mais c’est égal… d’être seule à la maison… de faire la cuisine pour une seule personne.

— Sans doute… sans doute… je comprends ça… je me suis dérangé ; mais une fois tous les quinze ans, ce n’est pas trop. Allons, me voilà revenu… tu vas faire la cuisine pour nous deux. Et maintenant, Katel, laisse-moi, il faut que je me change, je suis tout en sueur.

— Oui, monsieur, dépêchez-vous, on attrape si vite un coup d’air. »

Fritz entra dans sa chambre, et refermant la porte, il s’écria :

« Nous y voilà donc ! »

Il n’était plus le même homme. Tout en tirant les rideaux, en se lavant, en changeant de linge et d’habits, il riait et se disait :

« Hé ! hé ! Hé ! je vais donc me refaire du bon sang, je vais donc pouvoir rire encore ! Ces bœufs, ces vaches, ces poules de la ferme m’avaient rendu mélancolique. »