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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/110

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L’AMI FRITZ.

blanche de sa maison ; et la distance ne l’empêchait pas de reconnaître que les fenêtres étaient ouvertes pour donner de l’air.

Tout en marchant, il se représentait la brasserie du Grand-Cerf, avec sa cour au fond entourée de platanes ; les petites tables au-dessous, encombrées de monde, les choppes débordant de mousse. Il se revoyait dans sa chambre, en manches de chemise, les pantalons serrés aux hanches, les pieds dans ses pantoufles, et se disait tout joyeux :

« On n’est pourtant jamais mieux que chez soi, dans ses vieux habits et ses vieilles habitudes. J’ai passé quinze jours agréables au Meisenthâl, c’est vrai ; mais s’il avait fallu rester encore, j’aurais trouvé le temps long. Nous allons donc recommencer nos discussions, le vieux David Sichel et moi ; nous allons nous remettre à nos bonnes parties de youker avec Frédéric Schoultz, le percepteur Hâan, Speck et les autres. Voilà ce qui me convient le mieux, quand je suis assis en face de ma table, pour dîner ou pour régler un compte, tout est dans l’ordre naturel. Partout ailleurs je puis être assez content, mais jamais aussi calme, aussi paisible que dans mon bon vieux Hunebourg. »