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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/107

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L’AMI FRITZ.

que chose, cela vaudra mieux. Seulement, il faut que tu me donnes la main ; sans cela, je croirais que tu es fâchée contre moi. »

Alors Sûzel, sa jolie figure cachée dans son tablier, et la tête penchée en arrière sur l’épaule, lui tendit la main ; et quand Fritz l’eut serrée, elle rentra dans l’allée en courant.

« Les enfants ont de drôles d’idées, dit l’anabaptiste. Tenez, elle a cru que vous vouliez la payer des choses qu’elle a faites de bon cœur.

— Oui, dit Kobus, je suis bien fâché de l’avoir chagrinée.

— Hé ! s’écria la mère Orchel, elle est aussi trop orgueilleuse. Cette petite nous fera de grands chagrins.

— Allons, calmez-vous mère Orchel, dit Fritz en riant ; il vaut mieux être un peu trop fier que pas assez, croyez-moi, surtout pour les filles. Et, maintenant, au revoir ! »

Il se mit en route avec Christel, qui l’accompagna jusque sur la côte ; ils se séparèrent près des roches, et Kobus poursuivit seul sa route d’un bon pas vers Hunebourg.