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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/103

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L’AMI FRITZ.

de jolies dents blanches, Fritz ne put s’empêcher de faire la réflexion qu’elle était appétissante comme une assiette de fraises à la crème.

« Qu’est-ce qu’il y a, mon père ? fit-elle de sa petite voix gaie ; vous m’avez appelée ?

— Oui, voici M. Kobus qui trouve tes beignets si bons, qu’il voudrait bien en connaître la recette. »

Sûzel devint toute rouge de plaisir.

« Oh ! monsieur Kobus veut rire de moi.

— Non, Sûzel, ces beignets sont délicieux ; comment les as-tu faits, voyons ?

— Oh ! monsieur Kobus, ça n’est pas difficile ; j’ai mis… mais, si vous voulez, j’écrirai cela… vous pourriez oublier.

— Comment ! elle sait écrire, père Christel ?

— Elle tient tous les comptes de la ferme depuis deux ans, dit le vieil anabaptiste.

— Diable… diable… voyez-vous cela… mais c’est une vraie ménagère… Je n’oserai plus la tutoyer tout à l’heure… Eh bien, Sûzel, c’est convenu, tu écriras la recette. »

Alors Sûzel, heureuse comme une petite reine, rentra dans la cuisine, et Kobus alluma sa pipe en attendant le café.

Les travaux du réservoir se terminèrent le len-