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IV


Lorsque j’entrai le lendemain, vers sept heures, dans la chambre de M. Goulden pour me remettre à l’ouvrage, il était encore au lit et tout abattu.

« Joseph, me dit-il, je ne suis pas bien, toutes ces terribles histoires m’ont rendu malade ; je n’ai pas dormi.

— Est-ce qu’il faut vous faire du thé ? lui demandai-je.

— Non, mon enfant, non, c’est inutile ; arrange seulement un peu le feu, je me lèverai plus tard. Mais, à cette heure, il faudrait aller régler les horloges en ville, nous sommes au lundi ; je ne peux pas y aller, car de voir tant d’honnêtes gens dans une désolation pareille, des gens que je connais depuis trente ans, cela me