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Page:Erckmann-Chatrian - Contes et romans populaires, 1867.djvu/84

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L’ILLUSTRE DOCTEUR MATHÉUS.

Erckmann - Chatrian - Contes et romans populaires, 1867 p094.jpg
L’être des êtres a décidé, dit-il.(Page 73.)

« Femme, tu seras à moi… Tu porteras mon sac et je te nourrirai. Marche ! »

Et Myrtille, si paresseuse à la ferme, marcha de bon cœur.

Lui suivait en chantant, et galopant tour à tour sur les mains et sur les pieds, tant il était joyeux !

Depuis ce jour on n’a plus entendu parler de Myrtille.

Fritz faillit mourir en voyant qu’elle ne revenait pas ; mais ayant épousé, quelques années plus tard, Grédel Dick, la fille du meunier, une bonne grosse fille, bien fraîche, bien appétissante, il se consola de son malheur.

Catherine alors parut satisfaite, car Grédel Dick était la plus riche héritière du village.

Brêmer seul resta triste ; il aimait Myrtille comme son propre enfant, et finit par tomber malade.

Un jour d’hiver qu’il s’était levé, et qu’il regardait par la fenêtre, voyant une bohémienne couverte de haillons traverser la vallée encombrée de neige, un sac sur le dos, il s’assit en poussant un long soupir.

« Qu’as-tu donc, Brêmer ? » lui demanda sa femme.

Comme il ne répondait pas, elle s’approcha et vit qu’il était mort.



FIN DE MYRTILLE.