Ouvrir le menu principal

Page:Erckmann-Chatrian - Contes et romans populaires, 1867.djvu/79

Cette page a été validée par deux contributeurs.
75
L’ILLUSTRE DOCTEUR MATHÉUS.

rouge de Christina Bauer redoublait seul ses coquericos ; Mathéus regardait les petites fenêtres, les larges toitures pendantes, les lucarnes bouchées avec de la paille, les soupiraux des caves. Quelle fraîcheur agréable sortait de la rivière ! une vie nouvelle circulait déjà dans les membres du bonhomme.

Enfin, le voilà devant sa porte…

Il met pied à terre, il jette un regard par-dessus la palissade de son petit jardin, et voit la rosée qui perle sur de magnifiques têtes de choux.

Que tout est frais, calme, silencieux !

Il frappe au volet… il attend… Bruno hennit… que va-t-il arriver ? — Il écoute… on traverse la chambre… on lève le crochet… Comme le cœur de maître Frantz galope ! — On pousse le contrevent… et Martha… la bonne vieille Martha, en cornette de nuit, se penche au dehors.

« Dieu du ciel ! c’est monsieur le docteur ! Ah ! mon Dieu ! est-ce possible ? »

Et vite, bien vite, la bonne femme s’empresse d’aller ouvrir la porte.

Mathéus, assis sur le banc de sa maisonnette, pleurait comme l’Enfant prodigue !


FIN DE L’ILLUSTRE DOCTEUR MATHÉUS.