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L’ILLUSTRE DOCTEUR MATHÉUS.

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On aurait dit deux œufs de Piques. (Page 55.)

Maître Frantz lui fit aussitôt connaître son prochain départ.

< Eh bien ! mon cher monsieur, lui dit le pasteur en s’asseyant, malgré la joie que j’aurais eue de vous garder plus longtemps, je dois approuver votre prudence. Kitzig finirait par vous découvrir ici, et toute l’affection qu’il me porte ne pourrait vous sauver d’une vilaine affaire. Sur ce, buvons un coup. Grédel, voici la clef de la petite cave ; tu prendras une bouteille de wolxheim.

— Oui, monsieur le pasteur. »

Alors on but et l’on mangea de fort bon appétit.

Maître Frantz était triste de quitter de si braves gens ; mais, vers huit heures, il fallut bien se séparer, Le bonhomme embrassa le pasteur ; Coucou Peter embrassa sa femme, qui versa bien des larmes sur ce mauvais sujet ; on les reconduisit jusque dans la cour où les attendait Bruno, et Mathéus était en selle, que le pasteur Schweitzer lui serrait encore la main avec expression, et que la petite Grédel ne pouvait se détacher du cou de Coucou Peter.

Ils partirent enfin, au milieu des bénédictions et des bons souhaits de toute la famille.


XX


Maître Frantz et son disciple eurent bientôt traversé la ville. Les petites maisons, éparses